Permaculture

La Permaculture, qu'il ne faut pas confondre avec l'agriculture naturelle, n'est pas une forme d'agriculture, même si elle s'y intéresse énormément.



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Agriculture biologique - Utilisation durable des sols - Fertilisation - Technique culturale

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  • ... vent et plus particulièrement, l'énergie tirée du vent au moyen d'un système.... Permaculture (La permaculture est un ensemble de pratiques et de mode de ... générique utilisé pour désigner l'ensemble des substances naturelles ou de .... (source : techno-science)
Le Mandala de la permaculture résume les principes de la permaculture.

La Permaculture, qu'il ne faut pas confondre avec l'agriculture naturelle, n'est pas une forme d'agriculture, même si elle s'y intéresse énormément. C'est une philosophie de vie et une vision globale et écologique du monde dont l'objectif est l'intégration de l'activité humaine au sein de l'espace naturel avec lequel elle co-évolue.

Mais c'est avant tout une science interdisciplinaire de la conception (design) basée sur des éthiques et des principes d'efficacité énergétiques, et qui a pour but la conception et l'implémentation de sociétés humaines associées avec leurs écodispositifs. Elle est aussi faite pour réhabiliter les sites dégradés par l'activité humaine et pour reconcevoir (redesign) les lieux qui le nécessitent (maison, quartier, village, ville, zone industrielle…).

Elle est conçue pour être la plus efficace envisageable selon l'adage du plus petit effort pour le plus grand changement, et vise par conséquent à ce que le plus grand nombre se l'approprie. C'est pour cela que les principes de design permaculturels sont le prolongement de la position qui veut que “la seule décision éthique est de prendre la responsabilité de notre propre existence et de celle de nos enfants» (Molisson, 1990). L'intention étant que, en formant rapidement les individus à un ensemble essentiel de principes de design, ces individus pourraient aménager leurs propres environnements et construire des territoires encore plus autonomes, interconnectés, résilients et durables.

Les influences

Le terme permanent agriculture fut découvert par Franklin Hiram King, dans son ouvrage de 1911, «Farmers of Forty centuries : Or Permanent Agriculture in China, Korea and Japan», devenu un classique. Dans ce contexte, le terme «permanent agriculture» est compris comme une agriculture qui peut se maintenir indéfiniment. Cette définition fut confirmée par l'australien P. A. Yeomans (Water for Every Farm, 1973) qui introduit en 1940 en Australie, une approche de l'utilisation de la terre basée sur l'observation et la géologie. Yeomans introduit alors la Méthode des Contours (Keyline Design) comme manière de gérer l'approvisionnement et la distribution en eau d'un site. Holmgren basa le design de son écovillage sur ce principe (voir WikiMapia view).

Le travail de Howard T. Odum fut aussi une influence précoce, en particulier pour Holmgren. Le travail d'Odum s'est en particulier axé sur l'écologie des dispositifs, surtout le principe de la puissance maximale, qui examine l'énergie d'un dispositif et comment les dispositifs naturels tendent à maximiser l'énergie interne d'un dispositif. A titre d'exemple, la valeur calorifique totale d'une forêt est particulièrement importante avec sa grande variété de plantes et d'animaux. C'est un convertisseur efficace de la lumière solaire en biomasse.

Une autre influence précoce fut le travail d'Esther Deans, qui fut le pionnier des méthodes de non travail du sol. D'autres influences récentes incluent le dispositif VAC au Vietnam.

Mollison et Holmgren : cofondateurs de la permaculture moderne

Au milieu des années 1970, les australiens Bill Mollison et David Holmgren commencèrent a développer des idées qui, ils l'espéraient, pourraient être utilisées pour créer des dispositifs agricoles stables. Ce travail résultait de leur vision d'une utilisation encore plus importante de méthodes agro-industrielles destructrices qui empoisonnaient l'eau et la terre, réduisant la biodiversité et érodaient des millions de tonnes de sol de paysages jusque là fertiles. Une approche de design nommée «permaculture» fut leur réponse et fut rendu public pour la première fois avec la publication de Permaculture 1 en 1978.

Le terme permaculture signifiait originellement “agriculture permanente” mais fut rapidement étendu a “culture permanente”, tant il était évident que les aspects sociaux faisaient partie intégrante d'un véritable dispositif durable. Mollison et Holmgren sont reconnus de manière unanime comme les cofondateurs du concept de permaculture moderne.

Après la publication de Permaculture One, Mollison et Holmgren affinèrent et développèrent plus avant leurs idées en effectuant la conception selon la méthode permaculture de centaines de sites et en organisant cette information dans des ouvrages plus détaillés. Mollison enseigna dans plus de 80 pays et son cours certifié de 72 heures fut suivis par des centaines d'étudiants. A partir du début des années 1980, le concept avait évolué, et d'un dispositif de design de dispositifs agricoles était passé à un processus de design bien plus holistique de création de sociétés humaines durables.

A partir du milieu des années 1980, la plupart d'étudiants s'étaient transformés en pratiquants chevronnés et avaient commencé à enseigner les techniques qu'ils avaient apprises. Particulièrement rapidement des groupes, projets, associations et instituts permaculture s'établirent dans plus d'une centaine de pays. En 1991, un documentaire en quatre parties d'ABC production nommé ‘the global gardener'montrait la permaculture appliquée à différentes situations a travers toute la planète, portant le concept à l'attention d'un public plus large (mais toujours anglo-saxon).

La Permaculture s'est développé depuis ses origines en Australie pour devenir un mouvement mondial. Le professeur anglais de permaculture Patrick Whitefield, auteur de «The Earth Care Manual» et «Permaculture in a Nutshell», suggère qu'il a deux mouvements de permaculture : la permaculture originelle et la permaculture de design.

  • La permaculture originelle tente de reproduire scrupuleusement la nature en développant des écodispositifs comestibles qui ressemblent à leurs équivalents naturels.
  • La permaculture de design considère les connections fonctionnelles en service dans un écodispositif mais aussi son fonctionnement, et en dérive des principes d'efficacité énergétiques applicables à l'ensemble des types de dispositifs humains (transport, société, agriculture... ). A travers une observation minutieuse des énergies naturelles, des flux et de leurs motifs, des dispositifs de design efficaces peuvent être développés. Ceci est désormais connu sous le nom de Design de Dispositifs Naturels (Dr M Millington et A Sampson-Kelly).

La permaculture moderne

La permaculture moderne est un outil de conception des dispositifs. C'est une manière :

  1. d'appréhender un dispositif ou problème dans sa globalité
  2. d'observer comment les parties sont reliées
  3. de réparer des dispositifs défaillants en appliquant des idées apprises de dispositifs durables matures en fonctionnement
  4. de percevoir les connections entre les éléments clefs (parties)
  5. d'apprendre des dispositifs naturels en fonctionnement pour planifier l'intégration de l'homme dans les écodispositifs où il s'est implanté et qu'il a abimé avec ses dispositifs agricoles et urbains par manque de connaissance et d'éthique.

Ce mode de pensée est applicable tout aussi aisément à un outil de cuisine qu'au re-design d'une zone industrielle ou d'une ferme. Les pratiquants de la permaculture l'applique à tout ce qui est indispensable pour construire un futur durable. En général, «les initiatives (des permaculteurs) tendent à évoluer :

  • en partant de stratégies qui se concentrent sur l'efficacité (par exemple une utilisation plus précise et contrôlée des intrants/entrées et une minimisation des déchets),
  • pour passer à des stratégies de substitution (par exemple passer d'interventions particulièrement a peu perturbatrices, comme passer des biocides à des moyens de contrôle biologiques plus spécifiques et autres alternatives plus bénignes)
  • pour aboutir aux stratégies de re-design- changements fondamentaux dans le design et le management de l'opération (Hill et MacRæ 1995, Hill et al 1999)».

«La permaculture, c'est aider les gens à faire des choix de re-design : fixer de nouveaux buts et apporter un changement dans la manière de penser qui affectent non seulement leurs actions chez eux mais également leurs actions sur leur lieu de travail, leurs emprunts et leurs investissements» (A Sampson-Kelly et Michel Fanton 1991). Des exemples incluent le design et l'emploi de solutions complexes de transport, une utilisation optimale des ressources naturelles comme l'énergie lumineuse, et «le design radical des dispositifs de polyculture multi étages riches en information» (Mollison et Slay 1991).

«Cette progression implique le plus souvent un changement dans la nature de sa dépendance – passer d'une dépendance à des interventions universelles, acquises, importées, et basées sur la technologie à une dépendance d'interventions plus spécifiques, locales et basées sur des savoirs faire et connaissances disponibles localement. Généralement, cela implique finalement un changement essentiel de la vision du monde, de la vision des significations et modes de vie associés (Hill 1991)».

«Mon expérience est que même si l'efficacité et les initiatives de substitution peuvent apporter des contributions significatives à la soutenabilité sur le court terme, des améliorations énormément plus importantes sur le long terme ne peuvent être accomplies que par des stratégies de re-design ; et , qui plus est , cette étape doit intervenir au début de la réflexion pour assurer que les stratégies d'efficacité et de substitution peuvent servir comme tremplin et non comme barrière au re-design…» (Hill 2000).

La Permaculture a développé un large suivi mondial de la part des individus qui ont suivi les formations a travers des cours intensifs certifiés de Permaculture, sur deux semaines (72 heures). Cette communauté permaculture continue de grandir sur la base des enseignements de Mollison et de ses associés, intégrant un éventail d'idées d'une culture alternative, à travers un réseau de formations, publications, jardins, forums internet, etc. Dans ce sens, la Permaculture est devenue à la fois un dispositif de design et une philosophie de vie, qui se distingue par ses valeurs éthiques principales.

Les Valeurs principales : les 3 éthiques

Au cœur des méthodes de design et de la pratique permaculture se trouve un ensemble de valeurs principales ou d'éthiques qui reste constant peu importe la situation de la personne, qu'elle crée un dispositif pour la planification d'une ville ou d'une profession, que la terre dont elle s'occupe soit une jardinière de balcon ou une forêt entière. Ces éthiques sont fréquemment résumées ainsi :

  1. Prendre soin de la Terre – reconnaitre que la terre, illuminée par les rayons solaires, est la source de toute vie et qu'il faut par conséquent tout faire pour la préserver dans sa complexité et diversité.
  2. Prendre soin des hommes – se soutenir et s'aider les uns les autres pour changer vers des manières de vivre qui n'endommagent ni nous (stress, cancers, stérilité…) ni la planète (réchauffement climatique, diminution de la biodiversité, érosion des sols.. ). En effet, les êtres humains sont ceux qui ont le plus d'impact sur la Terre. Il est par conséquent particulièrement important de leur procurer tout ce dont ils ont besoin d'une manière qui préserve la bonne santé de la planète. Ces besoins incluent l'ensemble des besoins matériels et non matériels et c'est pour cela que les domaines d'intérêt et d'action de la permaculture sont aussi vastes.
  3. Créer l'abondance et redistribuer les surplus, consommer et se reproduire de manière sage et équitable – développer des sociétés où l'abondance (nourriture, argent, temps…) et sa redistribution sans laissés pour compte est une situation normale, et ce grâce a l'éthique, l'information et l'imagination ; s'assurer que les ressources limitées de la terre sont consommées de manière sage et équitable et adapter sa croissance démographique selon sa capacité (toujours en évolution) à produire de la nourriture de manière soutenable.

L'innovation principale de la Permaculture : le design

Le fondement de la permaculture a toujours été d'apporter un ensemble d'outils de design basés sur ses éthiques principales, pour planifier l'occupation terrestre humaine selon l'environnement, de la culture, et du potentiel créatif des peuples concernés. Ce jeu d'outil aide le designer à modéliser le design final basé sur l'observation de la manière dont les écodispositifs interagissent. Une des innovations de la conception permaculture est d'apprécier l'efficacité et la productivité des écodispositifs naturels par l'observation minutieuse, et d'en dériver des principes directeurs universels, applicables par tous.

Les éléments du design

Les principes de la permaculture se sont fortement inspirés des applications pratiques des théories de l'écologie (biologie des populations et des écodispositifs, géophysiologie) et de l'évolution pour analyser les caractéristiques et les relations potentielles entre les éléments du design. Chaque élément d'un design est attentivement analysé en termes de ses besoins, produits et propriétés. Les éléments du design sont ensuite assemblés en relation les uns aux autres pour que les produits d'un élément subviennent aux besoins d'un élément adjacent. La synergie entre les éléments du design est obtenue en minimisant les déchets et le besoin de travail humain ou le besoin d'énergie. Un design de permaculture exemplaire évolue au fil du temps, et peut devenir une mosaïque extrêmement complexe de dispositifs conventionnels et inventifs qui produisent une haute densité de produits (nourriture, matériaux, organisation sociale, infrastructures, information) pour un effort minimum. Alors que les techniques et les technologies utilisées sont empruntées à chaque domaine d'intervention spécifique selon ses liens avec les éthiques principales (l'agriculture biologique, la construction écologique, l'économie alternative, l'éducation alternative…), la contribution principale de la permaculture au design écologique est le développement d'un ensemble concis de principes organisant larges et applicables qui peuvent être transmis à travers une formation brève et intense.

Les Principes, l'âme de la permaculture

Les principes de design sont vraiment au cœur de tout dispositif de permaculture. Chaque permaculteur développe sa propre compréhension de ces principes et les enseigne de façon légèrement différente. Certains ajoutent aussi de nouveaux principes. Ces principes, dont le nombre limite n'est par conséquent pas fixé, évoluent au fil du temps selon l'affinage de nos connaissances, et forment une base aggradante qui forme le filtre, le mode de pensée, la vision et compréhension du monde qu'on peut avoir à un moment donné, qui accompagne le processus de design tout au long de sa création. Plus on comprend, on accepte et on se laisse imprégner par ces principes, plus ils deviennent automatiques, et font partie de notre mode de pensée et d'action, et plus ils font partie de notre culture, en nous faisant évoluer vers une culture (la notre) permanente (adaptée).

Les principes de Bill Molisson

Les six premiers principes sont expliqués dans le fascicule «La Permaculture, conception, construction et entretien des communautés durables», et ne sont par conséquent pas explicités ici. Pour plus d'informations, vous pouvez commander ce fascicule sur le site de l'Université Populaire de Permaculture.

  • Prévoir l'efficacité énergétique
  • Emplacement relatif
  • Circulation d'énergie
  • Chaque élément doit avoir plusieurs fonctions
  • Travailler avec la nature plutôt que contre elle
  • Faire le plus petit effort pour le plus grand changement
  • Le problème est la solution

Puisque la stabilité, la richesse, la résilience, et en particulier l'efficacité d'un dispositif repose sur les interconnections entre ses éléments, si on rencontre un problème à un moment donné dans le dispositif, c'est qu'une connexion manque entre certains éléments. Pour le résoudre, il faut par conséquent relier l'élément problématique à un autre, quitte a l'introduire, et le problème d'un élément devient la solution d'un autre. La vie utilise ce principe de manière omniprésente ; prenons le calcium pour exemple. L'ion calcium, omniprésent à la surface de la terre, est un poison pour la cellule, car il s'entoure d'une particulièrement grande couche d'eau quand il est en solution et si sa concentration n'est pas régulée, il peut aisément faire exploser la cellule. La cellule a par conséquent découvert des pompes à calcium pour l'évacuer mais cela lui coute de l'énergie, ce qui forme un problème. Pour le tourner en solution, elle a relié cette situation avec le besoin de protection et de structure porteuse, et s'est mise à stocker le calcium en excès qui formait pour elle un déchet à évacuer coûteux en énergie pour en faire des exosquelettes (coquilles des escargots) et des endosquelettes (mammifères), tournant ainsi le problème en solution. On voit bien ici que le gain d'efficacité apporté par cette élégante solution est la raison de son succès, et que c'est cela que recherchera le permaculture dans tous ses designs.

& Toute forme de vie a un effet sur son environnement

Comme nous le montre la géophysiologie (La théorie Gaia de Lovelock et Margulis), la vie exerce des rétrocontroles sur l'environnement, ce qui a pour conséquence de le modifier. Or, une modification dans un dispositif peut être vécue comme une nuisance, puisqu'une nuisance est l'effet d'un élément qui n'est pas utilisé au bon lieu, ou pas utilisé du tout. Comme chaque élément a un effet sur son environnement, comprendre sa stratégie est capital pour le relier à bon escient à d'autres éléments pour tirer partie de ses effets et de ne pas en souffrir. On voit ici l'importance de l'alliance entre l'information (connaissances…) et l'imagination (ingéniosité créative). Par exemple une limace a comme stratégie de consommer des plantes qui sont tendres, en mangeant en priorité les plus tendres. Comprendre cette stratégie sert à luter contre les limaces car on constate que si des mauvaises herbes coupées des allées du jardin sont positionnées a décomposer sur un jardin qui comporte des limaces, celles-ci vont en priorité se nourrir de ce mulch tendre avant de s'attaquer a des plantes en croissance nécessairement plus dures que les herbes coupées, aussi tendre soit elles. On a par conséquent tourné l'effet de la limace sur son environnement à son avantage, en acceptant qu'elle ait un effet sur son environnement plutôt que d'essayer de l'annuler.

& le rendement d'un dispositif est théoriquement infini, il n'est limité que par l'information et l'imagination

Avoir à l'esprit que nous n'avons pas atteint les limites de la connaissance, qui évolue sans cesse et que donc quand nous agissons à un instant donné, c'est avec les connaissances du moment, qui seront toujours incomplètes. Au fil du temps et de l'accumulation des connaissances (information), de nouvelles perspectives se présenteront par conséquent qui permettront toujours de perfectionner l'efficacité d'un design. Il en est de même pour l'imagination, qui trouve toujours ses racines dans le monde réel et la compréhension qu'on en a.

&Chaque fonction est assurée par plusieurs éléments

Ce principe a pour objectif d'assurer la solidité, la stabilité et la résilience du dispositif. Au cas où un élément arrête de fonctionner, ce principe prévoie un remplaçant pour cet élément. Ce principe est particulièrement important, en particulier dans le cas de fonctions vitales. Il est aussi nommé principe de redondance. Si vous ne faites pousser qu'une variété de pommes de terre et qu'elles sont attaquées par un parasite, vous n'aurez pas de pommes de terre pour l'hiver. Si vous faites pousser plusieurs variétés et les faites pousser dans différents lieux, vous avez bien plus de chance d'obtenir quand même un récolte. D'autres fonctions, comme l'approvisionnement en eau et le chauffage sont des fonctions vitales. Celles-ci doivent totalement être remplies par plusieurs éléments. Plus la fonction est importante pour la résilience de votre dispositif, plus vous devez prévoir qu'elle soit remplie par plusieurs éléments de ce dispositif.

Les douze principes de design d'Holmgren.

La reformulation des principes de permaculture apparaît dans l'ouvrage de David Holmgren «Permaculture : Principles and Pathways Beyond sustainibility».

  1. Appliquer l'autorégulation et accepter les rétroactions (feedback) - il faut décourager les activités inappropriées pour s'assurer que le dispositif continue de fonctionner correctement.
  2. Intercepter et stocker l'énergie - en développant des dispositifs qui collectent les ressources lorsqu'elle s sont abondantes et que nous pouvons utiliser à besoin.
  3. Utiliser et répondre créativement au changement - on peut avoir un impact positif sur des changements inévitables en observant avec attention et en intervenant au bon moment.
  4. Concevoir en passant des motifs généraux (structure) aux détails - en prenant du recul on peut observer les motifs dans la nature et la société et les reproduire. Ils peuvent alors devenir la colonne vertébrale de nos designs et les détails mis en place à mesure que nous progressons.
  5. Intégrer plutôt que ségréger - en mettant les bons éléments aux bons lieux, des relations se développent entre ces éléments et ils travaillent ensemble pour s'entraider.
  6. Observer et interagir - En prenant le temps de s'engager avec la nature on peut concevoir des solutions qui correspondent a la situation.
  7. Obtenir un résultat - s'assurer qu'on reçoit réellement des récompenses utiles pour le travail qui est fait.
  8. Ne pas produire de déchets - en trouvant une valeur à chaque ressource disponible et en les utilisant toutes, rien n'est un déchet.
  9. utiliser et valoriser la diversité - la diversité diminué la vulnérabilité à une variété de menaces et tourne à son avantage la nature unique de l'environnement dans lequel il réside.
  10. Utiliser et valoriser les ressources et les services - faire la meilleure utilisation de l'abondance de la nature pour diminuer notre comportement consommateur et notre dépendance vis-à-vis des ressources non renouvelables.
  11. Utiliser les bordures et valoriser le marginal - l'interface entre deux choses est l'endroit ou les événements les plus intéressants se produisent. Ce sont fréquemment les éléments qui ont le plus de valeur, et qui sont les plus divers et productifs.
  12. Utiliser des solutions petites et lentes - Les dispositifs lents et petits sont plus faciles a maintenir que les gros, en faisant un meilleur usage des ressources locales et en produisant des résultats durables.

Les étapes du design : la méthodologie O'BREDIM

Une fois les éthiques acceptées et les principes dans sa sacoche, le permaculteur est prêt à se lancer dans l'aventure et faire un design pour un dispositif reconnu, par exemple le quartier d'une ville. Pour cela, la permaculture utilise le fameux O'BREDIM, acronyme qui veut dire Observation, Bordures, Ressources, Examen, Design, Implémentation et Maintenance. C'est un outil de planification que la permaculture emprunte au génie civil et auquel elle applique ses principes et éthiques, pour faire le design d'un site (une maison d'habitation, une région, une zone industrielle…).

  • Observation vous permet dans un premier temps de voir comment le site fonctionne a l'intérieur de lui-même, d'avoir une compréhension de ses interrelations initiales. Certains recommandent une observation du site sur une année avant toute intervention. Pendant cette période l'ensemble des facteurs, comme la topographie, la flore locale, les flux d'énergies, etc. peuvent être inclus dans le design. Une année permet d'observer le site au travers des quatre saisons, même s'il faut prendre en compte le fait qu'il peut y avoir de substantielles variations entre les années.
  • Bordures sert à désigner les limites physiques du site.
  • Ressources inclus les personnes impliquées, les finances, ce que vous pouvez faire pousser ou produire dans le futur, ce que vous voulez voir et faire sur le site.
  • Evaluation de ces trois premières étapes vous permet désormais de vous préparer pour les trois suivantes. C'est une phase ou on prend en considération l'ensemble des choses a portée de main avec lesquelles on va travailler, existantes ou qu'on souhaite avoir, et ou on regarde en détails leurs besoins spécifiques, afin d'identifier ses propres besoins en terme d'information (besoin d'un personne ressource compétente dans un domaine).
  • Design est toujours un processus créatif et intense et on doit utiliser au maximum ses capacités à voir ainsi qu'à créer des relations synergiques entre l'ensemble des éléments listés dans la phase ressources.
  • Implémentation est littéralement la première pierre posée à l'édifice, lorsque on aménage soigneusement le site selon la chronologie et de l'agenda décidé.
  • Maintenance est indispensable pour garder le site à son maximum de santé, en faisant des apréciséments mineurs si indispensable. Un bon design évitera le besoin de recourir à des apréciséments majeurs.

Les motifs (patterns) et les zones

L'utilisation des motifs dans la nature et de motifs réutilisables d'autres sites est fréquemment la clef des design permaculture. Ceci fait écho au livre de Chrisopher Alexander, «the Pattern language» utilisé en architecture et qui a été une inspiration pour énormément de designers en permaculture. L'ensemble des choses, même le vent, les vagues et la terre sur son axe orbitant autour du soleil forment des motifs.

Dans l'application de motifs, les designers sont encouragés à développer :

  1. la conscience des motifs existant déjà dans la nature (et comment ils fonctionnent)
  2. l'application de ses motifs sur le site pour satisfaire des besoins spécifiques au design.

Les zones en permaculture sont une manière d'organiser les éléments du design dans un environnement humain basé sur la fréquence de ses utilisations. Les éléments souvent récoltés ou manipulés ou visités sont localisés près de la maison en zones un et deux, tandis que les éléments moins souvent manipulés sont localisés plus loin.

La permaculture appliquée a l'agriculture

L'agriculture est historiquement le premier objet de la permaculture et est par conséquent particulièrement étudiée. La compréhension du fonctionnement des écodispositifs, même s'il elle n'en est qu'à ses débuts, l'écologie et l'évolution étant des sciences jeunes, a montré qu'un écodispositif naturel mature est beaucoup plus productif que n'importe quel dispositif humain de production de nourriture, de part une utilisation de l'énergie, de l'eau et des nutriments bien plus efficace que celle de l'agriculture. La permaculture s'est par conséquent orientée vers la recherche de la mise en place d'agroécodispositifs productifs s'inspirant du fonctionnement des écodispositifs naturels. L'agriculture naturelle de Fukuoka et de l'ITAN, ou les travaux sur les variétés pérennes des plantes courantes en agriculture du land institute de Wes Jackson en sont de bons exemples.

Dans cette optique de comprendre et copier l'efficacité de la nature, on à pour but de augmenter la diversité en utilisant les stratégies évoluées par les écodispositifs pour maximiser la production en diminuant les efforts, ce qui donne les principes suivants :

Couches/empilement

En permaculture et jardinage forestier, on va s'attacher a reproduire les 7 couches identifiées dans les écodispositifs matures :

  1. la canopée
  2. la couche des arbres intermédiaires (fruitiers nains)
  3. les arbustes
  4. les herbes annuelles
  5. les plantes de couverture
  6. les racines
  7. la dimension verticale (lianes, vignes)
  8. la mycosphère

Un écodispositif mature comme une forêt ancienne possède un nombre gigantesque de relations entre ses composants : les arbres, l'étage intermédiaire, la couverture du sol, le sol, les champignons les insectes et les autres animaux. Les plantes poussent à des hauteurs différentes. Cela autorise une communauté diversifiée de pousser dans un espace assez confiné. Les plantes débourrent et produisent des fruits à différents moments de l'année.

Par exemple au Royaume Uni, l'ail sauvage qui pousse dans la couche la plus basse débourre ses feuilles avant que les arbres qui forment al canopée ne débourrent a leur tour. Une forêt ne souffre presque pas de l'érosion du sol, dans la mesure où il y a des racines dans le sol en permanence. Elle apporte un habitat à large éventail de vie animale, dont les plantes ont besoin pour la pollinisation et la dissémination des graines. La productivité d'une telle forêt, en terme de nouvelle croissance produite, dépasse celle du plus productif des champs de blé. C'est dans l'observation de comment une forêt est bien plus productive avec un apport bien moindre de fertilisant que le potentiel de productivité des designs permaculturels sont fabriqués. Les nombreuses connections dans une forêt contribuent ensemble a une prolifération d'opportunités pour que des rétroactions augmentantes évoluent qui a leur tour maximise le flux d'énergie à travers le dispositif.

Polyculture

La polyculture est une agriculture utilisant de multiples espèces dans le même espace et au même moment, en imitation de la diversité des écodispositifs naturels, et qui évitent les grandes étendues d'une seule espèce ou monoculture. Cela inclut les rotations, les cultures multiples, les cultures sous couvert et les cultures intercalaires. La culture en allées est une simplification des dispositifs en couches empilées qui utilise typiquement 2 couches, avec des rangs alternés d'arbres et de plantes plus petites.

Agriculture de conservation, agroforesterie

C'est l'agriculture du carbone et du sol vivant, qui vise a terme au non travail du sol et au semis direct, et a nourrir le sol et non la plante en accumulant sur le sol une litière qui fait office de mulch et de nourriture pour le sol, et en sous sol du carbone par les racines des plantes pérennes (agroforesterie) ou annuelles (intercultures en agriculture de conservation) qui meurent selon des cycles réguliers (racines fines). Le sol étant vivant car constamment nourri par des apports de matières organiques réguliers, le travail du sol n'est plus indispensable, il se fait par le travail de la vie du sol. Le plus délicat dans ce genre d'agriculture est la transition entre les deux phases, ou la compaction et le salissement des parcelles sont des problèmes dont les solutions sont à planifier sur plusieurs années pour les éradiquer.

Augmenter les bordures/interfaces

Les permaculteurs maintiennent qu'à l'endroit où des écodispositifs particulièrement différents se rejoignent (l'écotone des écologues), il y a une surface de productivité et de connections utiprincipales que dans les écodispositifs pris scindément. Le plus grand exemple en est la côte. Là ou la terre rejoint la mer il y une surface spécifiquement riche qui suffit à un pourcentage disproportionné de besoins animaux et humains. La preuve en est que l'écrasante majorité de l'humanité vit à moins de 100km de la mer. L'idée est utilisée dans les designs permaculture en utilisant des spirales d'herbes dans les jardins ou en créant des mares avec des berges ondulées plutôt qu'en simple cercle ou ovales. Les bordures entre les bois et les plaines sont reconnues pour être les plus productives (dans le cas d'écodispositifs en équilibre ou matures).

Les plantes pérennes

Les plantes pérennes sont fréquemment utilisées dans les conceptions permaculture. Dans la mesure où elles n'ont pas besoin d'être replantées chaque année, elles ont besoin de moins de maintenance et de fertilisants. Elles sont importantes en particulier dans les zones extérieures et dans les dispositifs à étages. Ken Fern de Plants for a future a passé de nombreuses années à faire des recherches sur les plantes pérennes appropriées et met à disposition sur internet une liste impressionnante de plantes pérennes comestibles. De la même manière Wes Jackson et son équipe du Land Insitute ont mis au point des variétés pérennes de blé, tournesol mais, etc,

Les animaux

Énormément de designs permaculture essayent d'utiliser des animaux plutôt que des humains. Les poules peuvent être utilisées comme méthode de contrôle des adventices et fournissent de multiples produits œufs, viande, guano, chaleur... Quelques types de dispositifs agro forestiers combinent les arbres et les animaux brouteurs. Ces animaux sont des animaux domestiques utilisés comme co-travailleurs, en mangeant une nourriture non comestible pour l'humain comme les limaces, les termites, et font totalement partie de la lutte contre les nuisibles, en fournissant qui plus est des fertilisants a travers leurs excréments et en contrôlant certaines espèces de mauvaises herbes.

L'énergie

Appliquer les valeurs de la permaculture veut dire utiliser moins de sources d'énergie non renouvelables, surtout les formes dérivées du pétrole. Bruler des combustibles fossiles contribue à l'effet de serre et au réchauffement climatique, mais utiliser moins d'énergie veut dire plus que combattre le réchauffement climatique. La production de nourriture devrait être un processus totalement renouvelable et non pas basé sur le pétrole. La permaculture appliquée a l'agriculture a pour vocation de créer un dispositif renouvelable qui ne dépend que d'une quantité minimale d'énergie. L'agriculture respectant les traditions pré industrielle était intensive en terme de travail, l'agriculture industrielle est intensive en terme d'énergies fossiles, et la permaculture agricole est intensive en design et information. La permaculture est une manière de travailler plus intelligemment pas plus durement ; et lorsque c'est envisageable, l'énergie utilisée doit provenir de ressources renouvelables comme le vent le solaire passif, ou les biocarburants.

Un bon exemple de ce genre de design efficace est la serre poulailler. En accolant la poulailler a une serre solaire on diminué la besoin de chauffer la serre avec des énergies fossiles vu que la serre est réchauffée par le métabolisme des poulets. On utilise aussi leurs «déchets» (plumes, déjections, chaleur, grattage du sol) pour diminuer le travail : les déjections fertilisent, les plumes mulchent (mulcher sert à désigner l'action de répandre des matières organiques sur le sol autour des plantes et bordures pour étouffer les mauvaises herbes, matières nommées à se transformer en engrais), la chaleur diminue la quantité d'énergie à apporter pour garder une température voulue constante, le grattage sert à se débarrasser des mauvaises herbes et des insectes. Dans une production en batterie, tous ces sous produits sont reconnus comme des déchets, toute l'énergie étant concentrée sur la production d'œufs : la pollution est de l'énergie à la mauvaise place.

La permaculture et les villes

Icône de détail Article détaillé : Villes en transition.

Le mouvement des villes en transition a été initié par le permaculteur Rob Hopkins, dans un premier temps en 2005 en Irlande, avec les étudiants de l'université de Kinsale, puis en 2006 dans la ville anglaise de Totnes. L'initiatve des villes en transition vise à créer des communautés résilientes face à la double menace du pic pétrolier et du dérèglement climatique.

La permaculture et l'économie

Un principe de base est d'ajouter de la valeur à une production existante. Un design permaculture cherche par conséquent à apporter un large éventail de solutions incluant ses éthiques de base (voir ci-dessus) comme partie intégrante du design final qui a ajouté de la valeur au dispositif reconnu. De manière principale, il pose la question économique de savoir comment faire soit de l'argent en vendant la production soit de l'échanger contre du travail ou des services comme dans un SEL. Chaque design final doit par conséquent inclure des considérations économiques mais aussi donner un poids identique pour maintenir l'équilibre écologique, en s'assurant que les besoins des gens œuvrant sur le projet sont satisfaits et que personne ne soit exploité.

L'économie de la communauté nécessite un équilibre entre les trois aspects que comprend une communauté : la justice, l'environnement et l'économie, aussi nommée le triple facteur décisif, ou triple E (écologique- économique-éthiques). Un marché coopératif de paysans serait un bon exemple d'une telle structure. Les agriculteurs sont les travailleurs et les propriétaires. De plus, toute l'économie est pondérée par son écologie. Aucun dispositif économique ne peut exister indépendamment de son écodispositif ; donc l'ensemble des couts externes doivent être pris en compte lorsque on parle d'économie.

la structure nationale française

En 2008 est née l'association française de permaculture, pour le moment appelée brin de paille. Parallèlement, l'Université Populaire de Permaculture a vu le jour, sous l'impulsion d'un maitre designer, Steve Read. Ces deux structures ont été conçues pour être itinérantes et s'implanter dans des lieux en besoin de dynamique, pour concentrer au cours du temps ou elles y sont les énergies nécessaires a l'émergence d'une association locale qui deviendra autonome. Ce principe de structures pondeuses vise à enclencher une dynamique de groupes locaux de permaculteurs pour doter l'ensemble des biorégions d'une structure permaculture.

L'association nationale est en charge du site internet et du forum des permaculteurs, et sert d'interface entre le mouvement permaculture et le grand public ; elle organise aussi des événements nationaux (festivals, chantiers participatifs…) et participe au subventionnement des stages certifiés 72 heures.

L'Université Populaire de Permaculture a pour fonction d'organiser des stages certifiés de 72heures, première étape pour devenir professeur de permaculture (maitre designer), et de suivre les étudiants qui suivent la formation de deux ans de maitre designer et de leur délivrer le diplôme après passage devant un jury. Elle est en train de s'organiser pour fonctionner comme les compagnons du devoir et proposer aux étudiants un tour de France chez des maitres designers. L'Université est aussi en train de s'organiser pour devenir centre de recherches, qui sera donc disséminé sur tout le territoire avec des expériences et des travaux conduits par les groupes locaux. De plus, c'est un centre de ressources et de publication sur les thématiques utilisées par la permaculture.

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