Méthodes d'irrigation traditionnelles en Iran

Les méthodes respectant les traditions d'irrigation persanes ont joué un rôle important dans la civilisation et l'histoire perse du fait de l'aridité du territoire de l'Iran.



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  • de revitaliser certains dispositifs respectant les traditions d'irrigation et ... les Qanat sont à l'origine de plus de 75% des apports d'eau en Iran actuellement.... (source : oieau)
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Qanat faisant surface dans le jardin de Fin. Ce qanat tire son eau d'une source qu'on croit être vieille de plusieurs milliers d'années, nommée «source de Salomon» (Cheshmeh-ye Soleiman en persan) et qui alimentait déjà Tepe Sialk.

Les méthodes respectant les traditions d'irrigation persanes (abyari en persan) ont joué un rôle important dans la civilisation et l'histoire perse du fait de l'aridité du territoire de l'Iran. En effet, seul le littoral de la mer Caspienne n'est pas classifié comme aride ou semi-aride et seuls le Khorasan, l'Azerbaïdjan et le Kurdistan pratiquent une agriculture non irriguée. L'irrigation a par conséquent toujours joué un rôle important non seulement pour développer les productions agricoles, mais également, pour favoriser l'installation de foyers de populations plus vastes.

Histoire de l'irrigation en Iran

Les origines et l'évolution des premières techniques d'irrigation ne sont pas connues. Selon les découvertes archéologiques qui ont été faites, les premières traces d'irrigation systématique apparaissent en Asie du sud-est au VIe millénaire avant notre ère, sur les pentes des monts Zagros, territoires localisés aujourd'hui en Irak et dans le Khuzestan[1]. À partir de cette époque et jusqu'au Ier millénaire av. J. -C. , l'irrigation s'est répandue sur le plateau iranien et dans tout l'Iran. Ces procédés d'irrigation ont été encouragés par les Achéménides[2]. Une de ces techniques d'irrigation, connue sous le nom de qanat s'est répandue à Oman et dans le sud-est de l'Arabie vers la fin de cette même période[3], puis, plus tard avec la conquête islamique, en Asie centrale et du Sud, en Afrique du Nord et en Espagne.

Il n'y a pas eu d'évolution technologique déterminante jusqu'à l'introduction des pompes diesel, des forages et des barrages de béton armé au milieu du XXe siècle, période à laquelle tous ces dispositifs, respectant les traditions ou modernes, ont commencé et continuent toujours à cœxister en Iran.

Ressources et technologies

Sur un territoire actuel total d'un peu moins de 165 millions d'hectares, 16 millions sont des terres arables et 7, 65 millions sont irrigués[4]. L'eau d'irrigation provient de rivières, de sources, de puits et des qanats. Il n'existe pas de statistiques quant à la répartition de chaque source d'irrigation, mais on estime que les rivières comptent pour une moitié et les puits et qanats pour l'autre, la part venant des puits étant en augmentation.

Il y a une trentaine d'années, avant la construction de grands barrages et la mécanisation et motorisation des pompes, les qanats représentaient sûrement la moitié du total.

Le débit des rivières, sur le plateau iranien comme dans la majorité du pays, fluctue largement selon la saison. Le débit du Karoun, par exemple, a des maximums enregistrés en avril de 520 000 m³/s tandis que le minimum (étiage) enregistré en octobre est de 60 000 m³/s. Cette variation pose et a posé un problème majeur pour la conception des dispositifs d'irrigation.

Irrigation de bassin versant

Cette technique, qui consiste à détourner le flux de l'eau d'une rivière vers les terres adjacentes, est une des plus rudimentaires qui soient. Elle ne requiert qu'une attention et un investissement minimum, et c'est celle qui a été particulièrement importante dans l'histoire de la vallée du Nil en Égypte. Le temps pendant lequel la crue pouvait être utilisée est allongé en adjoignant un barrage primitif (pierres, bois et branchages, boue) pour détourner les eaux vers les terres adjacentes, barrage qui était détruit lors de la crue suivante.

Barrages et band

Les Achéménides et les Parthes ont développé les dispositifs d'irrigation par barrages, et les Sassanides le sophistiquèrent beaucoup en se servant de pierres taillées et de mortier contenant des pièces de fer[5]. Le plus célèbre des barrages sassanides est celui de Shadorvân, construit par le roi Shapur Ier sur le Karoun avec l'aide de prisonniers capturés lors de sa victoire sur l'empereur romain Valérien en 260 av JC. Le pont Khâju, construit à l'époque de Shah Abbas II et toujours debout à Esfahan sur le Zayandeh rud a une structure identique, avec des vannes servant à contrôler le débit de l'eau et fournissant un point de passage permanent sur la rivière.

Cette technique utilisée sur le long terme, diminue la productivité des terres irriguées, car le cours de la rivière dépose des sels minéraux (sel, gypse et carbonate de calcium) qui pénètrent la terre, y précipitent et la rendent trop saline pour être cultivée. Les barrages actuels prévoient des dispositifs de drainage plus important pour remédier à ce problème.

Une autre technologie identique est le band ou bassin de rétention, qui a été utilisé depuis au moins aussi longtemps que le détournement des rivières et qui a été particulièrement important dans l'histoire de l'occupation du plateau iranien.

Le band est une structure de pierre ou de terre construite dans un dispositif d'irrigation pour retenir l'eau pour que les impuretés et sels se déposent avant de s'en servir pour l'irrigation des terres arables. Cette technique n'est certes plus utilisée intensivement au niveau national mais reste importante dans quelques districts montagneux peuplés de nomades du Balouchistan et dans d'autres districts arides du Khorasan, où ils permettent de cultiver des melons.

Puits

La date de la première utilisation des puits n'est pas connue. Les archéologues ont découvert qu'ils étaient utilisés à des fins domestiques dans la vallée de l'Indus au IIIe millénaire av. J. -C. , et il existe des traces antérieures à cette époque en Mésopotamie. Il est probable qu'ils aient été utilisés pour récupérer de l'eau souterraine dans le sud-ouest de l'Asie depuis les premiers temps du peuplement de cette région. Sans mécanisation, les puits n'ont que peu d'utilité pour l'irrigation, puisque les efforts déployés pour remonter l'eau ne font qu'augmenter avec la profondeur du puits.

Les techniques respectant les traditions pour remonter l'eau sont le shadof, un long bâton avec un panier d'un côté et un contrepoids de l'autre, le gâvchâh, dans laquelle un ou deux animaux remontent le panier avec une corde tirée sur le terrain adjacent. Des outres pouvant contenir 10 à 60 litres étaient le plus souvent employées dans ces méthodes. Ce type de puits a été important spécifiquement dans le Sud de l'Iran, dans la plaine côtière du golfe Persique au nord de Bandar Abbas et dans la dépression de Jaz Moryan au Balouchistan.

Qanats

Icône de détail Article détaillé : qanat.
coupe d'un qanat.

C'est peut-être l'avancée technologique principale de toute l'histoire de l'irrigation en Iran. Il serait apparu dans le nord-ouest du plateau iranien vers la fin du 1er millénaire av. J. -C. et a été développé à partir des techniques minières. Le qanat, qui est comparable à un aqueduc souterrain, s'est ensuite répandu sur le plateau iranien et toujours plus loin au temps des Achéménides, permettant d'ouvrir de nouvelles zones au peuplement humain. Au contraire des barrages sassanides, demandant de nombreux ouvriers durant des périodes courtes pour la construction et la maintenance, la construction des qanats ne faisait appel qu'à peu des personnes (trois : un qui creuse et étaye la galerie, un qui envoie la terre excavée dans une peau en haut, et un en haut qui vide la peau) sur un temps plus long (le travail ne progresse que de quelques mètres par jour).

Au milieu du XXe siècle, il est estimé qu'environ 50 000 qanats étaient en exploitation en Iran. Le dispositif a l'avantage de résister aux désastres naturels (tremblements de terre, inondations... ) et humains (destructions en temps de guerre), et d'être peu sensible aux niveaux de précipitation. Un qanat délivre typiquement un débit de 8000 m³ par période de 24 heures.

Distribution de l'eau

L'extraction et la disponibilité de l'eau en surface ne servirait pas s'il n'existait une organisation servant à rassembler l'eau, de savoir qui l'utilise, lorsque et pour quels besoins. La quantité d'eau peut être minime dans le cas des puits respectant les traditions ou d'un qanat dérivant une source peu important et elle peut être particulièrement grande dans le cas d'une grande rivière ou d'un barrage important.

Quand le débit est peu important, l'eau extraite peut être stockée dans un bassin avant d'être redistribuée dans les terres avoisinantes par un dispositif d'irrigation des cultures. Les pertes dues aux fuites ainsi qu'à l'évaporation le long du dispositif peuvent aller jusqu'à 50 %. Pour cette raison, les terres les plus proches de la source d'eau ont le plus de valeur, parce que l'eau y est de meilleure qualité et qu'elles peuvent être cultivées plusieurs années de suite.

La répartition de l'eau se fait sur la base du temps, selon la durée durant laquelle une parcelle spécifique est cultivée. Les attributions tiennent compte des saisons et de l'évaporation pour répartir le plus équitablement envisageable les pertes entre l'ensemble des cultivateurs.

Quand la quantité d'eau disponible était particulièrement importante et les mesures assez fines, un personnage officiel connu sous le nom de mirâb (c. à . c amir-e âb, le «commandant de l'eau») était appelé pour superviser le dispositif. Ce personnage pouvait aussi être connu sous le nom d'âbyâr.

D'après la loi islamique, l'eau ne peut pas être acquise ni vendue. Cependant, les canaux et autres moyens de distribution peuvent être sujets à des transactions commerciales. Les tarifs dépendent beaucoup du débit, du type de dispositif, du sol, de la culture dominante et d'autres aspects économiques et sociaux. La loi islamique apporte le cadre général dans lequel ces transactions peuvent avoir lieu, et les pratiques locales apportent des règles et pratiques supplémentaires. En règle générale, lorsque deux communautés ou plus partagent la même source, la communauté la plus en amont a priorité sur la communauté en aval. Un exemple en est apporté par le dispositif de redistribution de l'eau du Zayandeh rud dans le bassin d'Esfahan.

Irrigation et société

Les différentes situations qui se sont développées à partir des différentes solutions imaginées pour satisfaire les besoins en irrigation des terres demandent toutes une certain degré de coopération entre les agriculteurs. La coopération est en effet indispensable pour réunir tout l'investissement et la main d'œuvre indispensable à la construction ainsi qu'à la maintenance du dispositif. La structure des relations sociales fluctue avec le temps, et cette variation affecte la coopération indispensable à l'entretien des dispositifs d'irrigation.

Il apparaît que la colonisation du plateau iranien n'a pas uniquement dépendu de la construction des qanats mais également de la stabilité économique et sociale qui rend envisageable la coopération durant plusieurs générations. Le fait que les Achéménides aient été les premiers à apporter cette sécurité sert à valider l'hypothèse qu'ils aient été responsables de l'aspect que revêt la répartition des foyers de peuplement en Iran.

En plus du rôle de l'irrigation dans l'histoire iranienne, sa trace peut être vue dans la morphologie des zones occupées par l'homme et ressentie dans la littérature et dans l'art.

Le peuplement des foyers urbains est comparable à une grille irrégulière, qui correspond aux canaux anciens servant à délivrer l'eau. De plus, les zones rassemblant l'élite était plutôt en amont, car la qualité de l'eau et sa disponibilité y étaient meilleures (cf. ci-dessus).

Les vergers étaient localisés en amont, et sont reliés à la tradition du jardin persan, qui crée dans chaque village, en contraste complet avec le milieu aride qui l'entoure, un environnement verdoyant qui est symboliquement lié, dans la tradition poétique de l'Iran, au concept de paradis.

Références

  1. Oates & Oates, 1976.
  2. Polybius 10.28
  3. Wilkinson, 1977
  4. World Factbook Redirect — Central Intelligence Agency
  5. Encyclopædia Iranica, p. 406

Bibliographie

Voir aussi


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