Lutte biologique

En agriculture, la lutte biologique est une méthode de lutte contre un ravageur ou une plante adventice au moyen d'organismes naturels antagonistes de ceux ci, tels que des phytophages, des parasitoïdes, des prédateurs, des agents pathogènes,...



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Définitions :

  • Méthode qui consiste à combattre un organisme nuisible par l'utilisation de ses antagonistes naturels appartenant soit au règne animal soit au règne végétal. (source : phyteauvergne.ecologie.gouv)
  • Synonyme : contrôle biologique L'utilisation de parasites, de prédateurs et d'agents pathogènes dans l'objectif de contrôler les populations d'animaux ou de plantes non désirées. (source : nature)
  • mécanisme de lutte contre les parasites des cultures annuelles et pérennes dans lequel ce sont d'autres organismes vivants qui assurent le ... (source : fao)

En agriculture, la lutte biologique est une méthode de lutte contre un ravageur ou une plante adventice au moyen d'organismes naturels antagonistes de ceux ci, tels que des phytophages (dans le cas d'une plante adventice), des parasitoïdes (arthropodes…), des prédateurs (nématodes, arthropodes, vertébrés, mollusques…), des agents pathogènes (virus, bactéries, champignons…), etc…dans le cas d'un ravageur phytophage.

Larve de coccinelle se nourrissant de pucerons

Les organismes utilisés en lutte biologique

Les auxiliaires qu'on cherche à utiliser sont le plus fréquemment des insectes entomophages ou des acariens entomophages ou parasites. Un prédateur bien connu est par exemple la coccinelle qui se nourrit de pucerons. Contre la pyrale, Ostrinia nubilalis ravageur du maïs, on utilise fréquemment une espèce de trichogramme qui est un micro-hyménoptère Trichogrammatidæ (0, 5 mm) dont les larves se développent au détriment des œufs de pyrale.

D'autres auxiliaires peuvent aussi être des bactéries ou des virus qui provoquent certaines maladies chez les insectes nuisibles. On parle de muscardines dans le cas de champignons.

Occasionnellemen on a même utilisé des poissons. Ainsi, exemple pris en santé humaine, pour lutter contre la prolifération des anophèles, moustiques vecteurs du paludisme, l'Institut Pasteur d'Algérie introduisit avec succès dans ce pays en 1926 un petit poisson du Texas, la gambouse (Gambusia) qui se nourrit des larves de moustiques peuplant les eaux stagnantes.

Historique succinct de la lutte biologique

La lutte biologique est fréquemment reconnue sous trois formes, qui correspondent à des étapes plus ou moins différentes : respects des auxiliaires existants, acclimatations et traitements répétitifs par des agents ou substances biologiques.

Les deux premières manières de procéder sont particulièrement anciennes ;

L'entomologiste J Macquart en 1851[2] écrivait que pour lutter contre les ennemis des arbres, la meilleure solution restait de faire aussi appel aux insectes parasites des insectes nuisibles «qui se développent dans leurs flancs, s'alimentent de leur substance et les font périr d'épuisement. Plusieurs grandes familles sont particulièrement chargées de cette importante mission : telles sont en particulier les Ichneumonides parmi les Hyménoptères et les Tachinaires parmi les Diptères». il ajoutait :

«Plus les insectes nuisibles à la végétation se multiplient sous l'influence des causes atmosphériques, plus leurs parasites pullulent eux-mêmes par l'aliment qui leur est offert et ils finiraient par en détruire les générations s'ils ne mouraient à leur tour d'inanition. Ce résultat s'opère plus ou moins activement suivant que, au cours du même temps, les générations des parasites dépassent en nombre celles de leurs insectes nourriciers, ou que les individus qu'elles produisent sont aussi plus nombreux que ceux des générations qui les ont nourris» (... ) «On a employé en Allemagne un moyen artificiel pour atteindre plus promptement ce but : c'est de transporter dans les forêts infestées de chenilles des paniers contenant des chrysalides, des chenilles ou des œufs de papillons, piqués par des Ichneumons ; la génération parasite qui en provient ne tarde pas à se répandre ainsi qu'à remplir sa destination. Mais ce moyen est peu pratiqué, même en Allemagne, où peu de gardes forestiers acquièrent assez d'habitude pour distinguer les chenilles qui portent des parasites de celles qui en sont exemptes».

En dehors des insectes, les oiseaux et les batraciens seront fréquemment reconnus sous l'angle de leur utilité agricole jusqu'en 1945. A cette date, le triomphe des méthodes chimiques éclipse le rôle des vertébrés dans la lutte biologique. Les exemples cités, variés, possèdent une caractéristique commune : ils sont le fruit d'observations fréquemment liées au hasard et , tout d'abord, de réalisations limitées.

La première victoire incontestable de la lutte biologique, menée à l'échelle mondiale, est l'acclimatation de la coccinelle Novius cardinalis pour détruire la cochenille Icerya purchasi. En France, Paul Marchal (station entomologique de Paris), prenant exemple sur les méthodes américaines, et grâce aux travaux du Dr Raymond Poutiers et de sa femme Jeanne, qui ont réussi au bout de plusieurs mois leur acclimatation, villas Yado et Sylvia[3] à Menton, réalise les premiers lâchers de coccinelles en 1912 dans les Alpes-Maritimes. La cochenille, comme la coccinelle qui s'en nourrit, était originaire d'Australie.

D'autres acclimatations, plus ou moins couronnées de succès, se succèderont dans l'Entre-deux-guerres, avec quelques échecs (ex pullulation de la coccinelle asiatique, qui sous sa forme introduite était connue aptère et incapable de passer l'hiver.. mais qui s'est néanmoins développée et qui fait reculer les coccinelles autochtones).

Les diverses formes de lutte biologique

Une forme spécifique est la lutte «autocide» : on fait appel à des mâles stériles, qui lâchés en grand nombre concurrencent les mâles sauvages et limitent particulièrement fortement la descendance des femelles. Cette méthode est bien adaptée aux cultures sous serre.

Une méthode proche est celle qui consiste à utiliser des phéromones (hormone sexuelle) pour attirer les mâles dans des pièges ou tout simplement les désorienter par confusion.

L'utilisation de ces méthodes est toujours limitée à cause des difficultés techniques qu'elle fait la connaissance de , pour identifier les auxiliaires utiles, qui soient spécifiques des objectifs de lutte, et ensuite assurer leur production en masse pour permettre une mise en œuvre à grande échelle.

De plus en plus la lutte biologique entre dans un cadre plus large, la lutte intégrée qui associe l'ensemble des moyens de lutte disponibles, chimique, biologique, mécanique, thermiques… et qui vise non pas à éliminer complètement les ravageurs, mais à maintenir leur population en dessous d'un seuil supportable économiquement parlant.

Icône de détail Article détaillé : culture associée.

Enfin, tout un volet de la lutte découle de l'association de plantes et de leurs interactions. Un exemple est la culture de tomates à proximité de carotte pour repousser la mouche de la carotte, un ravageur. [4]

Les Hyménoptères et la lutte biologique

À l'exception de quelques groupes supérieurs prédateurs (Formicidæ, Sphecidæ, Vespidæ), les Hyménoptères utilisés en lutte biologique sont avant tout des parasites (parasitoïdes), utilisés contre des phytophages.

Parmi les insectes parasitoïdes, les Hyménoptères sont , de loin, les plus souvent utilisés en lutte biologique contre des ravageurs avec 88% des essais de lutte contre 12% pour les Diptères, principalement des Tachinidæ.

La plupart des tentatives de lutte biologique par Hyménoptères ont été faites avec des insectes appartenant aux deux super familles suivantes : les Chalcidoidea (58%) et les Ichneumonoidea (31%).

Deux formes de lutte biologique sont envisagées :

On peut intervenir :

La lutte biologique classique consiste en l'introduction d'espèces exotiques capable de réguler à long terme les populations d'un ravageur, ce dernier ayant été lui même le plus fréquemment introduit accidentellement.

Les avantages d'une lutte biologique par utilisation de parasites sont :

Par contre, les désavantages de leur utilisation sont :

Exemples de lutte biologique

Références

Notes et références

  1. Léopold Le Moult, le parasite du hanneton, CR de l'Académie des Sciences, 1890, pp. 653-655
  2. Mémoires de la Société des sciences de l'agriculture et des arts de Lille, 1851
  3. Cf Annales des épiphyties, tome I, 1913
  4. Le poireau préfère les fraises, les meilleurs associations de plantes. de Hans Wagner

Voir aussi

Liens externes

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