Jachère

Historiquement, la jachère est la totalité des pratiques culturales de préparation des terres arables pour l'ensemencement.



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Technique culturale

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Définitions :

  • (nf) surface agricole laissée sans culture pendant une certaine période et autorise la terre de "se reposer". (source : paysages54.lecrivainpublic)
  • terre laissée au repos, à l'origine dans l'objectif de lui permettre de reconstituer sa capacité de production ; dans le contexte de l'... (source : users.skynet)
  • Technique culturale qui consiste à laisser une ou plusieurs années de suite, un champ sans culture pour que le tapis végétal naturel reconstitue le sol qui a été appauvri par les cultures précedentes. (source : clubsjrd.ird)

Historiquement, la jachère est la totalité des pratiques culturales de préparation des terres arables pour l'ensemencement. Le terme sert à désigner aussi, par métonymie, cette terre elle-même.

Cette préparation consiste en plusieurs labours dont l'objectif est de détruire les adventices, ensevelir la fumure et accélérer la décomposition de la matière organique.

Au contraire de l'idée fréquemment admise, surtout dans la majorité des dictionnaires, la jachère n'est pas un repos de la terre. En effet, la reconstitution des stocks minéraux du sol est bien plus lente. Sans apports extérieurs de fumier, il n'y a pas de renouvellement de la fertilité. La jachère n'est pas non plus pâturée par les animaux dans la mesure où il s'agit de terre nue. À ce titre, la jachère doit être distinguée de la friche, où la terre est laissée à l'abandon pendant un certain nombre d'années et uniquement pâturée par les animaux.

Avant l'ère industrielle

En Europe, la pratique de la jachère était commune avant la naissance de l'agriculture moderne et surtout des fertilisants minéraux. Elle entrait dans le cadre d'un assolement et permettait, au cours de la troisième année de l'assolement, dite année de jachère, de reconstituer les réserves minérales du sol par l'apport de fumier et les labours. Dans la petite région de France où c'était un terme vernaculaire (Île-de France, Artois, une petite partie de la Normandie et de la Champagne), les cultivateurs ont toujours désigné sous ce nom une suite d'opérations de travail du sol (labours, hersages…) destinées en premier lieu à nettoyer le sol des mauvaises herbes, ensuite à préparer le lit de semence d'une céréale semée en automne. Son objectif même empêchait l'établissement de toute végétation susceptible d'apporter du fourrage en quantité autre que négligeable ; et elle était d'autre part particulièrement consommatrice de travail, tant humain qu'animal. Jachérer c'était labourer plusieurs fois, chaque labour ramenant à la surface des graines de mauvaises herbes qui germaient, le labour suivant détruisant ces mauvaises herbes.

La jachère était appelée versaine en Lorraine et dans les Ardennes, sombre ou somard en Bourgogne et Franche-Comté, terre à soleil en Bresse et dans les Dombes, estivade dans le Massif central.

Dérive du sens

Le sens de jachère va progressivement dériver sous l'influence d'ouvrages de botanique rédigés pour les propriétaires terriens par des lettrés urbains. Méconnaissant quelquefois le travail agricole et la nature exacte de la jachère, ils ne voient dans celle-ci qu'une pratique archaïque. La confusion entre jachère et friche apparaît déjà au XVIème siècle. Au XVIIIème siècle, la pratique de la jachère, jugée non rentable, a été combattue. L'un de ses plus vigoureux adversaire fut l'agronome Victor Yvart, au début du XIXème, ou encore Arthur Young. L'influence de Victor Yvart fut déterminante, surtout dans le sens de terre au repos donné à la jachère dans les dictionnaires, malgré les tentatives de réfutation d'agronomes renommés tels que Pierre-Paul Dehérain. Au cours du XIXème, l'invention de nouveaux outils limitant la prolifération des mauvaises herbes et l'introduction d'engrais chimiques conduisirent à abandonner totalement la pratique de la jachère.

Sens moderne

Jachère fleurie en France

Le terme de jachère est réapparu, depuis 1992 en Europe, dans le cadre de la politique agricole commune comme une mesure d'ordre économique conçue pour limiter la surproduction dans certaines cultures, surtout les céréales. Les agriculteurs doivent «geler» une partie de leurs terres en échange d'une rémunération. Ils n'ont pas le droit d'utiliser cette surface. Cependant, en cas d'année sèche, le pâturage des jachères peut être autorisé comme dans 34 départements français en 2006. Des mesures identiques existent aux États-Unis. La suppression de la jachère obligatoire a été entérinée par la commissaire Mariann Fischer Bœl en 2008.

Cependant, cette jachère règlementaire n'a aucune parenté avec la jachère «historique». On lui préfèrera l'appellation de gel des terres.

Voir aussi

Liens externes

Bibliographie

P. Morlon, F. Sigaut, La troublante histoire de la jachère, pratiques des cultivateurs, concepts de lettrés et enjeux sociaux, Quæ/Educagri Editions (2008)

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