Conversion à l'agriculture biologique

Aujourd'hui, de plus en plus d'exploitations agricoles se convertissent à l'agriculture biologique, plus respectueuse de l'environnement que des modèles de production plus classiques.



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Agriculture biologique - Utilisation durable des sols - Fertilisation - Technique culturale

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Aujourd'hui, de plus en plus d'exploitations agricoles se convertissent à l'agriculture biologique, plus respectueuse de l'environnement que des modèles de production plus classiques. Cette agriculture biologique est définie comme une «agriculture n'utilisant pas de produits chimiques de synthèse» (selon la définition officielle française). Pour illustrer les obligations nouvelles auxquelles sont soumis les éleveurs qui souhaitent convertir leur exploitation, on peut s'intéresser au cas d'un élevage bovin laitier conventionnel dans le Cantal qui veut s'orienter vers une production fromagère biologique. De nombreux paramètres intervenant à l'ensemble des niveaux de l'exploitation sont concernés par cette conversion.

Choix de la race

Il n'y a pas de limite concernant le choix de la race pour la conversion à l'agriculture biologique. Cependant, il faut tenir compte de la capacité des animaux à s'adapter aux conditions du milieu, de leur vitalité et de leur résistance aux maladies. En outre, les races ou les souches d'animaux doivent être choisies afin d'éviter certaines maladies ou des problèmes sanitaires spécifiques surtout rencontrés chez certaines races ou souches utilisées en élevage intensif. La prédilection doit être donnée aux races et souches autochtones (Salers, Montbéliarde, Simmental, Aubrac, … dans le cas présent). Certaines races sont en plus interdites dans le cadre d'une production fromagère AOC.

Gestion de la santé et de la reproduction

Dans l'agriculture biologique, la conduite sanitaire du troupeau met l'accent sur la prévention tout d'abord. Les mesures qui doivent être mises en place concernent le renforcement des défenses immunitaires naturelles de l'animal (choix de races appropriées, utilisation d'une alimentation appropriée de qualité, maintien d'une densité limitée de peuplement). Lors d'interventions vétérinaires, les traitements apportés vont privilégier la prophylaxie et l'utilisation de produits phytopharmaceutiques et homéopathiques, qui ont l'avantage comparé aux antibiotiques et médicaments vétérinaires allopathiques de ne pas laisser de résidus dans les produits. Néanmoins, l'usage de médicaments allopathiques est toléré sous certaines conditions quand ils sont indispensables à la survie de l'animal. L'usage de ces traitements peut peut-être entraîner le retrait temporaire de la certification de l'animal. Lors de la constitution du cheptel, si l'éleveur ne peut pas obtenir suffisamment d'animaux élevés en agriculture biologique il peut par dérogation introduire dans le cheptel d'autres animaux conçus pour la reproduction si :

Dans ce type d'agriculture, l'usage de substances stimulant la croissance, comme les hormones, ou maîtrisant la reproduction est strictement interdit. Qui plus est les formes de reproduction artificielles ou assistées autres que l'insémination artificielle (le transfert d'embryon par exemple) sont strictement interdites. L'éleveur doit qui plus est tenir un cahier de gestion de son élevage biologique dans lequel sont disponibles l'ensemble des informations sur la reproduction et la santé surtout. On recommande aussi de se baser sur des méthodes naturelles pour la reproduction (l'insémination artificielle est autorisée).

Bien-être et logement des animaux

Les bovins doivent avoir accès à une aire d'exercice extérieure telle que chaque vache laitière dispose d'au moins 4, 5 mètres carrés. La superficie du bâtiment doit être telle que chaque animal dispose d'au moins deux mètres carrés et puisse effectuer tout mouvement naturel. Les sols des bâtiments d'élevage doivent être lisses mais pas glissants et la moitié au moins de la surface totale du sol doit être en dur. De plus, le niveau de poussière, la température, l'humidité relative de l'air et la concentration de gaz doivent rester dans des limites non nuisibles pour les animaux. Les bâtiments doivent comporter une aire de couchage propre et sèche recouverte d'une litière constituée de paille ou de matériaux naturels adaptés et qui peut être perfectionnée avec l'ensemble des produits minéraux autorisés. Seuls les produits autorisés peuvent être utilisés pour le nettoyage et la désinfection des bâtiments et des installations. Les excréments, l'urine et la nourriture non consommée ou dispersée doivent être retirés aussi fréquemment que indispensable pour diminuer au maximum les odeurs et éviter d'attirer des insectes ou des rongeurs. L'éleveur peut bénéficier d'une dérogation transitoire jusqu'au 31 décembre 2010 si ses bâtiments datent d'avant le 24 août 1999. Les bovins peuvent être tenus attachés s'ils font régulièrement de l'exercice, si les bâtiments datent d'avant le 24 août 2000, et si l'élevage est conforme aux exigences de bien-être. Cette dérogation requiert l'accord d'un organisme de contrôle et s'applique pendant une période transitoire prenant fin le 31 décembre 2010.

Conduite des surfaces fourragères et alimentation des animaux

Dans le cas qui nous est proposé, pendant et après une période de conversion, seuls les produits qui contiennent des substances mentionnées aux annexes I et II du RCEE 2092/91 peuvent être utilisés comme produits phytosanitaires, engrais, amendements du sol, aliments des animaux, matières premières pour aliments des animaux, aliments composés pour animaux, additifs alimentaires pour animaux : les produits végétaux sont cultivés sans engrais chimiques et sans pesticides. Seuls les fumiers et les minéraux naturels sont utilisés pour nourrir la terre. La fumure organique prévient les carences en potasse. Les organismes génétiquement modifiés et/ou les produits dérivés de ces organismes ne peuvent être utilisés. La fertilité et l'activité biologique du sol doivent être tenues ou augmentées, en premier lieu par :

Les pratiques d'engraissement sont autorisées étant donné qu'elles sont réversibles à tout stade du processus d'élevage. Les animaux doivent être nourris avec des aliments provenant de l'unité de production ou, à défaut, d'autres unités ou entreprises soumises aux dispositions du REPAB-F, avec au moins 50 % des aliments provenant de l'unité de production elle-même, sauf au cours de la période où chaque année les animaux sont en transhumance. L'incorporation, dans la ration alimentaire, d'aliments en conversion provenant d'une unité de l'exploitation même est autorisée à raison de 60% de la matière sèche de la formule alimentaire en moyenne sur l'année ou la durée de vie d'un lot d'animaux. Les pâturages doivent être utilisés au maximum. Au moins 70% de la matière sèche composant la ration journalière doit provenir de fourrages grossiers, frais, séchés ou ensilés. L'autorité ou l'organisme de contrôle peut néanmoins permettre que ce chiffre soit ramené à 60% pour les animaux élevés pour la production laitière, pour une période maximale de trois mois en début de lactation. La part de l'ensilage dans la ration journalière est limitée à 50% de la matière sèche de la ration quel qu'en soit la matière (herbe, maïs, céréales... ). La proportion des concentrés dans la ration est limitée à 30% de la matière sèche (40% pendant les trois premiers mois de lactation). Les additifs et auxiliaires de fabrication de l'ensilage mais aussi les vitamines, minéraux, oligo-éléments, enzymes, etc. pouvant être utilisés sont limités (annexe II du REPAB-F). Les jeunes bovins doivent être nourris au lait naturel, plutôt maternel, pendant au moins trois mois. Aucune substance conçue pour stimuler la croissance ou la production n'est utilisée.

Lutte contre les ravageurs

La lutte contre les parasites, les maladies et les mauvaises herbes est axée sur la totalité des mesures suivantes :

L'utilisation des produits inscrits à l'annexe II du REPAB-F ne peut intervenir qu'en cas de danger immédiat menaçant la culture, car la chimie est interdite d'usage dans le cadre de l'agriculture biologique.

Gestion des effluents d'élevage

La quantité totale d'effluents utilisée sur l'exploitation ne doit pas dépasser 170 kg d'azote par an et par hectare de surface agricole utilisée et la densité de peuplement totale est limitée de manière à ne pas dépasser ce seuil, ce qui correspond ici à deux vaches laitières par hectare. Si l'éleveur souhaite coopérer avec d'autres exploitations afin d'épandre des effluents excédentaires, il ne peut s'associer qu'avec des exploitations pratiquant l'agriculture biologique. L'élevage doit posséder des équipements de stockage des effluents dont la capacité de stockage est supérieure à celle requise lors de la période la plus longue de l'année où l'épandage est impossible. De plus, ces équipements ne doivent pas entraîner de pollution des eaux. Il est aussi recommandé à l'éleveur de corréler la taille de son cheptel à la superficie disponible afin d'éviter tout impact négatif sur l'environnement suite à l'épandage des effluents.

Possibilités de primes et avantages liés à ce type de production

Les nouveaux "adhérents" peuvent accéder aux aides à la conversion grâce au CTE (Contrat Territorial d'Exploitation)  : elles permettent de compenser la baisse de production et l'impossibilité d'une vente des produits en AB au cours de la période de conversion; en contrepartie, les bénéficiaires s'engagent à rester en agriculture biologique pendant cette période. Le paiement est échelonné sur cinq ans avec une répartition dégressive. L'éleveur peut aussi bénéficier de la prime herbagère agri-environnementale (PHÆ) qui sert à maintenir les surfaces en herbe et d'y maintenir des pratiques respectueuses de l'environnement. Même si les comparaisons sont délicates, il semble que les performances économiques des élevages en AB sont identiques à celles d'élevages conventionnels, mais avec des niveaux de plus-value compris le plus souvent entre +10 et +25%.

Mise en place et contrôles

Avant de pouvoir utiliser le logo «agriculture biologique» sur ces produits, l'éleveur doit suivre une période de conversion. Ici il y a deux types de conversion : la conversion des terres conçues pour l'élevage des animaux d'une part, celle du troupeau d'autre part. Cette période est généralement de 2 ans (sauf dérogation). Dans le cas présenté, le lait conçu pour la production fromagère ne pourra être vendu comme produit issu de l'agriculture biologique que deux ans au plus tôt après la date à laquelle l'éleveur a notifié son activité biologique. Cependant cette durée ne s'applique qu'aux animaux ainsi qu'à leur descendance qui existaient déjà avant la conversion, ainsi qu'aux terres et pâturages utilisés pour l'alimentation de ces animaux : si l'éleveur décide d'acheter de nouvelles vaches laitières non issues de l'agriculture biologique, celles-ci devront avoir été élevées conformément aux prescriptions du REPAB-F pendant au moins six mois avant que leur lait ne puisse être reconnu comme produit issu de l'agriculture biologique. De même, si l'éleveur décide d'utiliser de nouvelles terres ou pâturages dans l'alimentation de ses animaux, ils devront subir une période de conversion :

Au niveau des contrôles, il y a dans un premier temps un contrôle d'origine avant lequel l'éleveur doit établir une description complète de l'unité de production, des locaux et de l'activité. Il doit aussi se mettre aux normes vis-à-vis de la totalité des mesures concernant l'agriculture biologique. La totalité est réuni par rédigé sous forme d'une déclaration signée par l'éleveur. Le producteur doit ensuite prendre contact avec un des organismes de contrôle certifiés par le Ministère de l'Agriculture, à savoir : Ecocert, Qualité France, Agrocert, Ulase, Aclave, SGSICS. L'organisme certificateur qui a été prévenu réalise un contrôle de certification une fois par an, plus quelques contrôles inopinés. En moyenne l'organisme réalise 1, 5 contrôles par an. Qui plus est l'éleveur doit se soumettre aux contrôles aléatoires de la DGCCRF, du CNASEA (qui est l'organisme payeur avec la conversion) et de la DDAF (gérant les CAD, Contrat d'Agriculture Durable qui a été accepté par l'éleveur). Enfin l'éleveur doit prévenir l'Agence Bio de son activité de producteur biologique et renouveler cette opération chaque année. Si la production fromagère s'est vu consacrée comme une AOC, l'éleveur doit se soumettre en plus aux contrôles de l'INAO (Institut National des Appellations d'Origine).

Voir aussi

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